Comment devient-on croque-mort ?
Le métier de « croque-mort », aujourd’hui plus communément appelé employé funéraire ou conseiller funéraire, suscite encore de nombreuses interrogations. Entre idées reçues, tabous et représentations parfois héritées d’une autre époque, peu de personnes connaissent réellement le parcours permettant d’accéder à cette profession.
Contrairement à d’autres métiers, il n’existe pas en Suisse de CFC spécifiquement consacré aux pompes funèbres. Historiquement, les connaissances se transmettaient souvent directement au sein des entreprises, par l’expérience du terrain et l’accompagnement des collaborateurs plus expérimentés.
Aujourd’hui, le domaine s’est largement professionnalisé. De nombreuses formations existent désormais dans des domaines spécifiques tels que l’accompagnement des familles, les soins mortuaires, la thanatopraxie, l’organisation funéraire ou encore les aspects administratifs liés au décès.
Mais au-delà des formations, travailler dans le domaine funéraire nécessite avant tout certaines qualités humaines : capacité d’écoute, discrétion, empathie, adaptabilité et sens des responsabilités.
Un métier bien plus varié qu’on ne l’imagine
Contrairement à certaines idées reçues, le métier ne consiste pas uniquement à prendre en charge les défunts.
Une entreprise de pompes funèbres intervient notamment dans :
• l’accompagnement des familles dans les démarches administratives consécutives au décès,
• l’organisation complète des funérailles et des cérémonies,
• la coordination avec les autorités, les établissements de santé, les lieux de culte et les cimetières,
• la prise en charge et le transport des défunts,
• la préparation et la présentation des défunts,
• les rapatriements nationaux et internationaux,
• l’organisation de prévoyances funéraires et l’enregistrement des volontés,
• l’accompagnement des familles avant, pendant et après les funérailles,
• une disponibilité permanente, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris pour répondre aux sollicitations des autorités en cas de décès.
Parce qu’aucune situation ne ressemble à une autre, l’exercice de ce métier repose autant sur la maîtrise de nombreux aspects pratiques que sur la capacité à s’adapter avec justesse aux attentes, aux convictions et aux réalités propres à chaque famille.
Mon propre parcours
Pour ma part, c’est durant mon apprentissage d’assistant socio-éducatif auprès de personnes âgées que j’ai découvert le domaine funéraire.
À cette époque, j’étais régulièrement confronté à la fin de vie et aux décès de résidents. Je me demandais souvent ce qu’il advenait ensuite des personnes décédées, comment elles étaient prises en charge et quel accompagnement était proposé aux familles.
Souhaitant mieux comprendre cette réalité, j’ai eu l’occasion de découvrir le travail réalisé par une entreprise de pompes funèbres. Je me souviens encore de ma première participation à une mise en bière. Comme beaucoup, j’abordais cette expérience avec une certaine appréhension.
Ce qui m’a marqué n’est pourtant pas le contact avec le défunt, mais la reconnaissance exprimée par les proches après la préparation de leur parent. J’ai alors compris que ce métier consistait avant tout à accompagner des personnes dans un moment particulièrement difficile de leur existence.
C’est cette expérience qui a été le véritable point de départ de mon parcours.
J’ai d’abord exercé comme auxiliaire en parallèle de mon apprentissage, puis j’ai progressivement développé mes compétences en participant aux mises en bière, aux levées de corps, aux entretiens avec les familles et à l’organisation complète des funérailles.
Au fil des années, j’ai également suivi différentes formations, notamment auprès du Centre universitaire romand de médecine légale dans le domaine des soins mortuaires, ainsi qu’auprès de professionnels spécialisés dans les soins de conservation et la restauration des défunts.
Après avoir travaillé au sein de plusieurs entreprises funéraires, j’ai finalement souhaité créer les Pompes Funèbres Littoral et Vallées afin de proposer un accompagnement fidèle à ma vision du métier : prendre le temps avec chaque famille, privilégier l’écoute et construire un accompagnement adapté à chaque situation.
Si le terme « croque-mort » est encore largement utilisé dans le langage courant, il ne reflète aujourd’hui qu’une partie de la réalité de la profession. Derrière ce métier se trouvent des femmes et des hommes qui accompagnent quotidiennement des familles confrontées à l’une des épreuves les plus marquantes de leur existence.
Pour ma part, c’est précisément cette dimension humaine qui continue de donner du sens à mon engagement. Chaque famille, chaque histoire et chaque parcours de vie étant différents, j’ai la conviction que l’écoute, le respect et la disponibilité demeurent les fondements de ce métier.
Toé Dionis
Fondateur des Pompes Funèbres Littoral et Vallées